Le 25 juin 1978, l’Argentine est championne du monde de football. Dans l’indifférence générale, le général Videla, chef de la junte militaire, remet la coupe à Maradonna pendant qu’à quelques mètres de là, ses sbires torturent et violent. Aujourd’hui, victimes et bourreaux doivent apprendre à vivre ensemble, mais pour Ruben Calderón, il n’y aura jamais ni oubli ni pardon. Rescapé des geôles de la dictature, Rubén travaille comme détective pour les Grands-Mères de la place de Mai qui, depuis trente ans, réclament justice pour leurs proches disparus.

En arrivant à Buenos Aires, Jana savait que son origine Indienne Mapuche ferait d’elle une paria, elle ignorait que la crise économique de 2001 en ferait une prostituée. Devenue sculptrice, de son passé sur les trottoirs elle garde une amie, Paula, alias Miguel, travesti et prostitué. Lorsque Luz, l’ami(e) de Paula, est retrouvé mort et mutilé dans les eaux du port, le destin de Jana croise l’enquête de Ruben Calderón sur la fille d’un influent homme d’affaires. Ces deux êtres blessés portent en eux la rage et la douleur nécessaires pour interroger un passé qui les mènera en enfer, un enfer que beaucoup veulent effacer. A tout prix.

Quatre ans après Zulu, dix fois primé et filmatisé en 2013 avec Forrest Whitaker et Orlando Bloom, Caryl Férey revient avec un nouveau polar de l’ailleurs. Mapuche est un polar humaniste et ultra réaliste sur l’un des moments les plus sombres de l’histoire argentine, un coktail achevé d’une noirceur obsédante, d’une précision journalistique sans concession et d’une tendresse bouleversante.